Interprétation de photos coloniales

Le Blanc sur le Noir? Les porteurs se sentaient-ils frustrés? Que représentait le hamac?

Photo coloniale 1

Source photo: https://sammlungen.ub.uni-frankfurt.de/kolonialesbildarchiv Nr.: 101,3-3502-25 CD-Code: CD/5202/1614/0402/5202_1614_0502_0005

Dans la colonie, l'Européen pouvait à peine se déplacer à travers la brousse sans l'aide ou l'assistance d’un autochtone. Le commerce entre les Européens et les Africains sur la côte avait produit toutes sortes de main d’œuvres. Le transport des bagages d’un Blanc ou le port de celui-ci dans un hamac lors d’un voyage n’était pas un travail nécessairement considéré comme dévalorisant, car les Africains furent ceux-là qui avaient l’expérience des sentiers et routes difficiles à parcourir. En outre, ils étaient plus habitués au climat tropical. Du coup, ils pouvaient monnayer cette expérience contre de l’argent qui constituait leurs revenus. Cette activité était pour eux une alternative à gagner leur vie.

Par ailleurs, il y avait différentes sortes de hamacs qui servaient autrefois à des fonctions suivantes :

  • Le hamac tissé et orné servait à transporter des rois ou des chefs lors des festivités, des cérémonies rituelles, ou lors de certaines de leurs déplacements.
  • Le hamac fabriqué à base de tissus de coton servait à transporter des corps de personnes décédés à l'étranger
  • Le hamac fabriqué à base de tissu de coton servait à transporter des missionnaires, négociants et colons européens dans leurs voyages et expéditions dans l'hinterland des colonies.

Le fait que les Européens se faisaient transporter dans le hamac reposait beaucoup plus sur le pouvoir de leur capital ou leur autorité coloniale que sur un certain honneur, tel que ce fut le cas des rois et chefs traditionnels. Le commerce, le capital, l’administration sont au centre de ce pouvoir.

Qui faisait le filage comme une activité quotidienne? A quelle classe sociale appartenaient ces femmes?

Le filage faisait partie des activités exclusives de la femme. La femme filait en temps de divertissement, quand elle voulait se distraire de ses activités quotidiennes de ménage. Ces femmes vivaient probablement dans un foyer polygame. La peau de bête étalée sur le sol laisse supposer qu’elles sont épouses d’un chasseur. Le filage est considéré comme une activité de passe-temps. Les veuves ou les femmes d’un certain âge qui, en général, n’ont pas de revenu fixe ou ne pouvaient plus vaquer à des activités quotidiennes difficiles telles que les travaux champêtres par exemple, filaient du coton pour gagner leur vie. Le filage fut une activés des femmes adultes au foyer ou des femmes d'un certain âge.

Leur mode d'habillement dénote leur statut social. Seules les épouses utilisaient le fichu pour couvrir la tête. La qualité apparente des pagnes portés reflètent aussi le prestige dont pouvait jouir le mari. La peau de bête sur laquelle reposent les pots symbolise la richesse de la famille d’une part et permet de garder propre le coton filé, d’autre part.Les différents bijoux qu’elles portent montrent la classe sociale de la famille.

Les différentes étapes du filage sont décrites sur le site web https://www.africancraft.com/

Photo coloniale 2

Photo source: https://sammlungen.ub.uni-frankfurt.de/kolonialesbildarchiv Nr. 101,3-3501-17 CD-Code: CD/5202/1614/0401/5202_1614_0401_0066

Le tissage est-il une activité quotidienne? Quelle importance a-t-il sur la côte ouest africaine?

Photo coloniale 3

Photo source: https://sammlungen.ub.uni-frankfurt.de/kolonialesbildarchiv Nr. 101,3-3501-18 CD-Code: CD/5202/1614/0401/5202_1614_0401_0067

Le tissage est avant tout une activité des hommes. Il est souvent transmis de père à fils et peut être pratiqué comme activité professionnelle.

Le pagne tissé dans le pays éwé (région côtière entre le Ghana et le Togo) s'appelle Kente. Il y en a de plusieurs sortes selon la qualité et le modèle. Il est aussi tissé dans plusieurs autres régions ouest africaines comme chez les Ashanti du Ghana, les Malinkés du Guinée, les Songhaïs au Niger etc.

Les fils filés par les femmes à base de coton servent au tissage. Les différentes étapes du tissage sont décrites sur le site suivant : http://www.africancrafts.com

Comment le bâtiment de l'hôpital Nachtigal a-t-il vu le jour? Quels patients furent traités dans cet hôpital?

Selon le rapport de l'administration coloniale envoyé au ministère des colonies à Berlin les collectes de dons rassemblés en Allemagne pour la construction de l’hôpital Nachtigal s’élevèrent à 7438 Mark. La part essentielle fournie pour la construction de l’hôpital provenait des rois de Petit Popo (aujourd’hui Aného sur la côte est du Togo). Ceux-ci offrirent – d’après le document daté du 20 septembre 1894 – à l’administration coloniale allemande un terrain large de 100 mètres carrés à Petit Popo. De plus, les autochtones avaient fabriqué plusieurs milliers de briques qu’ils avaient fidèlement livrées. Le coût total de la construction de l’hôpital s’élevait à 40.000 Mark. Seuls les Blancs avaient le droit d’être traités comme patients de première et de deuxième classe dans l’hôpital. Une baraque fut construite près du bâtiment principal et servait à consulter les patients de troisième classe, notamment les locaux noirs.

Pouvait-on savoir le nombre d'autochtones qui étaient tombé malades lors de la construction de cet hôpital et en étaient morts ? Combien de membres de la postérité des acteurs de la construction de ce bâtiment en sont aujourd’hui fiers ?

Photo coloniale 4

Photo source: https://sammlungen.ub.uni-frankfurt.de/kolonialesbildarchiv Nr. 042-0244-26 CD-Code: CD/7101/3162/3855/7101_3162_3855_002

Qui faisait partie de la troupe de police dans le Togo-Allemand? Les soldats noirs avaient-ils conscience de leur mission vis-à-vis de l'administration coloniale?

Photo coloniale 5

Photo source: https://sammlungen.ub.uni-frankfurt.de/kolonialesbildarchiv Nr. 101,3-3503-18 CD-Code: CD/5202/1614/0402/5202_1614_0402_0024

Le 30 novembre 1885, la troupe de police (Polizei-Truppe) fut fondée au Togo-Allemand avec douze soldats Haussa. Ils furent des mercenaires ayant servi dans la troupe britannique et appartenaient à un peuple d’Afrique de l’ouest de confession musulmane. La fondation de cette troupe eut lieu en présence d’un bateau de guerre allemand, parce que les Togolais voulaient empêcher l’enrôlement de ces soldats. L’administration coloniale allemande avait continué à recruter seulement que des soldats issus des peuples de confession musulmane, car ceux-ci se distinguaient des Togolais par leur confession. Avec des règles prussiennes, des jurons ou malédictions, des coups ou sévices corporelles, les soldats étaient dressés jusqu’à ce que l’objectif de créer une unité de soldats fusse atteint : obéissance inconditionnelle et rigueur dans la formation, transmission d’une conscience d’élite. Les soldats furent ainsi prêts dans leurs interventions à employer l’indélicatesse dressée en eux à l’endroit des populations.

Quel objectif visait le photographe en prenant cette image? Les attentes de toutes les personnes photographiées étaient-elles satisfaites?

Lorsque le commissaire Ernst von Puttkamer fut affecté en fin 1894 au Cameroun au titre de Gouverneur, son successeur August Koehler au Togo devait s’évertuer, d’après le journal «Frankfurter Zeitung » à redresser l’économie fragile, particulièrement l’état désordonné des finances. En 1897 la puissance coloniale allemande négocia avec la puissance coloniale française sur l'annexion du bassin du Niger.

Le gouverneur Koehler organisa une expédition pour occuper les régions septentrionales. Le Nord Togo fut ainsi occupé après de longues et dures résistances de ces populations locales. A la fin, il fit signer un traité avec elles.

Photo coloniale 6

Photo source: https://sammlungen.ub.uni-frankfurt.de/kolonialesbildarchiv Nr. 014-3504-02 CD-Code: CD/3317/2014/0945/3317_2014_0945_0059